L’humain ne se révèle pas en une heure

Le rapport sur la tablette

À vous qui dirigez une PME, qui en reprenez une ou qui vous préparez à céder la vôtre, et qui avez déjà fait appel à une firme-conseil brillante pour vous accompagner dans vos orientations stratégiques. Elle est arrivée avec une méthode éprouvée, elle a animé une journée intense, peut-être deux, puis elle est repartie en vous laissant un rapport impeccable et des gabarits d’outils exemplaires voués au succès. Trois mois plus tard, le rapport dort sur une tablette, les outils ne sont plus utilisés et le quotidien a repris ses droits.

Le plan n’était pas mauvais. C’est l’hypothèse qui l’était : croire qu’un être humain change parce qu’on lui a remis un document et une méthode expliquée en une journée.

Voilà 35 ans que j’accompagne des leaders. S’il y a une chose que ces années m’ont apprise, c’est celle-ci : l’humain ne se révèle pas en une heure. Ni en une journée d’atelier. Il se révèle avec le temps. À son propre rythme et parfois sans outils.

Ce qu’on dit à la première rencontre

À la première rencontre, la personne qui dirige se présente telle qu’elle croit devoir être. Elle parle de sa croissance, de ses chiffres, de ses projets. Parce que pour elle, l’entreprise, c’est elle. Jung appelait cela la persona : le masque social que l’on porte pour tenir son rôle. Il n’y a rien de faux là-dedans. C’est simplement la surface.

Ce qu’elle ne dit pas encore, elle le dira plus tard. À la troisième rencontre, peut-être à la cinquième. Le doute qui la réveille à quatre heures du matin. La promesse faite à qui a fondé l’entreprise qu’elle a reprise. La fatigue qu’elle cache à son équipe. Le rêve de départ qu’elle a laissé s’éroder, un compromis à la fois.

C’est sous ces couches que dort la raison d’être. Enfouie sous les compromis et les aléas d’une vie à la tête d’une entreprise. On ne la révèle pas seulement avec un questionnaire. On la révèle quand la confiance permet enfin de dire vrai.

Quatre phases, un seul rythme : le vôtre

Le Leadership identitaire se déploie en quatre phases. Chacune a son propre tempo, et aucune ne se presse.

  1. Archéologie. On creuse ensemble ce qui a été enfoui : votre histoire, celle de l’entreprise, les décisions qui ont tout changé. Ce travail commence par un bilan TRIMA, un bilan personnel qui porte sur vous, et non sur l’organisation.

  2. Révélation. On nomme la raison d’être. Pas une formule de marketing, une vérité que vous reconnaissez comme vôtre dès qu’elle est dite.

  3. Alignement. On met l’entreprise en cohérence avec cette raison d’être, à travers cinq essentiels : le positionnement, le récit, l’identité visuelle, l’offre et la relation.

  4. Incarnation. On la vit. Dans les décisions difficiles, devant l’équipe, face à la clientèle qui pousse, à l’institution financière qui doute, au marché qui se transforme, à la collectivité qui en bénéficie.

C’est la quatrième phase qui exige le plus de temps. C’est aussi là que la plupart des accompagnements s’arrêtent. On livre la stratégie, on serre la main, on part. Alors que tout commence.

Ce que seule la durée construit

Un accompagnement qui dure n’est pas un contrat qu’on prolonge, mais une relation qui s’approfondit. Avec le temps, quatre choses deviennent possibles, et aucune ne s’achète en une séance.

  • La confiance, qui vous permet de dire ce que vous n’avez jamais dit à personne, peut-être même pas à votre partenaire d’affaires.

  • La complicité, qui permet au stratège de dire ce qui dérange sans blesser, parce que le lien est assez solide pour le porter.

  • Le partage, des réussites comme des échecs, qui transforme une démarche en relation de confiance.

  • Le conseil au bon moment. Pas celui du rapport final. Celui du mardi matin, quand votre partenaire d’affaires annonce son départ, quand une offre d’achat arrive, quand il faut trancher entre deux candidatures.

C’est dans ces moments que la raison d’être révélée devient réellement utile. Elle cesse d’être un énoncé. Elle devient un outil à la prise de décision, une solide boussole que vous apprenez à consulter par vous-même.

On ne crée pas un terroir

J’aime le vin pour sa noblesse. J’aime l’image de la vigne. Qui fait le vin n’en fabrique pas le caractère. Le sol, le climat, la pente du coteau existaient bien avant. Tout l’art consiste à écouter ce terroir, à le respecter, puis à le laisser s’exprimer. Et l’on sait qu’aucune grande bouteille ne naît en une saison.

Il en va de même pour une raison d’être. Je ne la crée pas. Je la révèle. Elle était déjà là, inscrite dans votre histoire et dans celle de votre entreprise. Mon rôle est d’aider à la mettre au jour, puis de rester assez longtemps pour que vous l’incarniez pleinement.

Les Anciens disaient que le caractère d’une personne est son destin. J’ajouterais ceci : ce caractère ne se dévoile qu’à qui prend le temps de le côtoyer. La patience n’est pas une lenteur. C’est une forme de respect.

Je refuse la consultation jetable

Je me révolte contre un marché qui traite les leaders comme des dossiers. Le capitalisme effréné nous amène à vendre des livrables, des ateliers d’une journée, des plans reliés. On facture, on part, on passe au dossier suivant. Et l’humain, lui, reste seul avec ses questions. Je sais, j’en faisais partie.

Vous n’êtes pas un dossier. Vous portez une entreprise, des emplois, des familles, parfois l’héritage de toute une vie. Vous méritez mieux qu’un passage. Vous méritez un accompagnement patient. Je suis devenu, avec les années, l’homme qui ne cède plus sur ce point.

Il y a aussi une vérité que le marché oublie : le temps de la direction n’est pas celui de la consultation. Quand une personne qui dirige répond « pas maintenant », elle ne dit pas non. Elle dit que le moment n’est pas encore venu. Les besoins évoluent, une reprise se consolide, une équipe se transforme. L’accompagnement dans la durée, c’est aussi cela : être là le jour, disponible, ouvert, où la personne est prête, et non le jour qui arrange le calendrier du stratège. C’est ça, le respect.

Un stratège qui reste

Concrètement, voici ce que je propose aux leaders qui choisissent de cheminer avec moi. Nous traversons ensemble les quatre phases, de l’Archéologie à l’Incarnation. Puis je demeure présent : des rencontres régulières pour garder le cap, et une porte ouverte pour les décisions qui ne peuvent pas attendre. Ni formateur ni consultant de passage. Un stratège qui reste.

Pourquoi y tenir autant ? Parce qu’une personne qui dirige, une fois libérée de ses entraves, libère à son tour tout son entourage. Une équipe qui comprend pourquoi elle se lève le matin travaille avec un sens réel. La clientèle le sent, les partenaires aussi, et toute la collectivité en rayonne. C’est ainsi que naît le bonheur collectif : de l’intérieur, et avec le temps.

Alors je vous laisse avec une question. Dans votre vie de leader, qui vous connaît assez pour vous dire vrai ?

Si la réponse tarde à venir, parlons-en. Je vous propose une rencontre au Salon Exécutif MVP au Dix30, autour d’un café, d’un lunch ou d’un apéro selon votre préférence. Ou par un café virtuel : https://bit.ly/4hcl8Bo. Pas pour vous vendre une démarche. Pour commencer à vous connaître.

Au plaisir,

Alain Roy
Stratège en identité d’entreprise
Révélateur de raison d’être, libérateur de bonheur collectif

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